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Intervention de Djilali Benamrane |
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La communication au service du développement : l'exemple de Bankilaré Le groupe de discussion "bordercartograph" parle de transfrontières, de relations humaines, de personnes sans logis, de personnes qui circulent de part le monde, et les thèmes qui y sont développés interpellent l'économiste. Comment les nouvelles technologies favorisent-elles le développement des populations africaines? L'union africaine L'Afrique d'aujourd'hui est plus divisée que l'Afrique coloniale, notamment par des ensembles sous-régionaux et linguistiques, divisions cultivées par l'environnement des systèmes et institutions internationaux. Elle n'a pas une capacité d'expression qui permette de développer de façon autonome ses propres intérêts, elle s'exprime par réaction à des ensembles qui essayent de l'absorber. Les défis à relever : - La mobilisation des ressources (concept de non assistance à pays en danger au niveau de la communauté internationale, taxation possible des transactions boursières) - La création pour l'Afrique de sa propre base économique par des investissements d'infrastructures, des investissements socio-éducatifs et de développement. - La création de capacités de production de médicaments, en réponse au problème du sida qui décime ce continent. En effet, la privatisation a entraîné la fermeture du peu de structures de production en Afrique, qui doit importer ses médicaments. Les nouvelles technologies de l'information et de la communication. Bankilaré est un des villages les plus pauvres du Niger. Il est situé à 240 km de Niamey, la capitale, avec 140 km de piste. C'est un petit bourg de 2000 habitants regroupant 40000 personnes dans un rayon de 30 km. Le village est sans électricité, sans téléphone, et sans réseau d'eau potable ni d'assainissement, il n' a pas de commerces et l'habitat est précaire. C'est à ce titre qu'un projet de lutte contre la pauvreté financé par le PNUD (Programme des Nations Unies pour le développement) a été lancé à Bankilaré. Dans l'étonnement général, c'est l'enclavement et le manque d'information et de communication qui a été défini comme priorité; les femmes ont été unanimes. Un défi pour lequel le PNUD n'était pas préparé. Seules une ou deux personnes avaient des récepteurs fiables pour capter la radio nationale, mais pas les moyens d'acheter des piles. De plus les programmes ne sont pas exploitables pour ces populations, car émis en Français et rarement dans leurs langues (Tamachek, Songhaï, Peulh ou Arabe). Il fallait trouver des solutions adaptées à leur besoins (durabilité et modicité des revenus) : énergies alternatives et communication de proximité produites par et pour les populations. Les recherches concernant le matériel ont été faites sur internet : - Pour la réception, des radios à manivelle à très bonne écoute collective de la firme Baygen. - Pour l'émission, une station solaire fabriquée par une firme canadienne. L'équipement rayonnant sur 30 Km comprenant une console d'émission, une antenne, des panneaux solaires, a couté 10 000 dollars, soit 70 000 francs français, un investissement accessible pour monter une opération à titre expérimental. Stratégie discutée et adoptée : - Création d'une association pour la gestion d'une radio rurale solaire et participant à un réseau de radios rurales autogérées. - Construction d'un bâtiment d'exploitation et mobilisation d'une équipe locale de 7 animateurs/trices, d'abord bénévoles puis rémunérés par l'association (75 FF/mois). La suite de ce projet est la création d'un centre d'information et de développement. La radio est associée à un modem pour la réception par satellite de textes et d'images. Une parabole fabriquée par une ONG locale permettra de capter des émissions sur des postes de télévision solaire, toujours à la demande des femmes. Le solaire permettra de concevoir des séchoir de légumes, des moulins à mil ; la téléphonie solaire est au programme aussi. Le satellite et la réception numérique permettront de diffuser les informations dans la langue locale. Pour plus de détail, consulter le diaporama de Djilali Benamrane : http://www.moneynations.ch/cartographes/bankilare |
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