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4.2.2.2.
Les femmes ont donné priorité au besoin de l'information et de la communication à Bankilaré, village reculé au Niger, sans électricité, sans réseau d'eau potable, sans téléphone…, nous racontait Djilali Benamrane, économiste au Niger, en Juillet 2000, à la " sortie du net à Aubervilliers ". D'abord dans le net, en " bordercartograph ", Djilali Benamrane a introduit le thème de la globalisation et des nouvelles technologies en Afrique. Ce théme si fort, relaté par quelqu'un qui le vivait sur le lieu et agissait à l'intérieur des faits, demandait d'être développé dans une audience plus large. C'est la raison de la " sortie du net ".
La contradiction était inhérente au sujet. Mohamed Largi Bougherra, scientifique et écrivain, a insisté à la table ronde sur le problème majeur de l'Afrique : l'eau. " Il y a 30.000 morts par jour dans le monde par jour, du fait de l'eau non potable. " Immaginons un petit bourg des plus pauvres, enclavé dans le désert, de 2000 habitants (40.000 dans un rayon de 30.000km.) Un projet de lutte contre la pauvreté a été lancé par le PNUD. Dan l'étonnement général, c'est l'enclavement et le manque d'information et de communication qui a été défini par les femmes comme priorité - nous a dit Djilali Benamrane, économiste au PNUD. " Un défi pour lequel le PNUD n'était pas préparé ; il fallait trouver des solutions adaptées à leur besoin, énergies alternatives (durabilité et modicité de revenus) et communication de proximité produite par et pour les populations. " Voir : " compte rendu " dans " sortie du net à Aubervilliers " et " Bankilaré-Niger ". Je réfléchi sur le sens profond du choix de ces femmes à Bankilaré. En écoutant des Africains, hommes, qui élaborent des projets de développement pour leur village rurale - ce qu'ils mettent en évidence est toujours le problème de l'eau, l'organisation du travail, pour l'amélioration du fonctionnement de la vie collective. C'est tout à fait évident et logique.
A Bankilaré une autre logique se présente - une logique des femmes - qui ne quittent probablement pas leur village pour aller travailler ailleurs, en pays lointains. Elles ne sont pas moins logiques que les hommes, elles trouvent d'autres moyens d'amélioration de leur condition difficile. Par l'installation des radios à manivelle et d'une station à énergie solaire, elles se rapprochent du monde extérieur dont elles sont coupées, elles s'approprient d'un outil de pouvoir et d'expression qui transforme la représentation d'elles mêmes, elles élargissent leur territoire s'interconnectant avec d'autres, elles créent un nouvel espace de convivialité et d'interface qui transforme leur mode de vie. La logique féminine n'a pas eu tort à Bankilaré. Le fonctionnement des émissions et réceptions radio en langue locale attire les visiteurs. Un dispositif de restauration est en train d'être mis en place. D'autres villages sont munis de la même technologie.
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