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installation dans la mobilité
01 Le Pays d'Oas Situé dans une dépression au nord-est de la Roumanie, en Transylvanie, à la frontière avec l'Ukraine, dans le département de Satu-Mare, le pays d'Oas (en français prononcer Oach) est une zone semi-montagneuse à couverture boisée, bordée au sud et à l'ouest par la plaine de Tissa et de Somes. Protégée par des montagnes volcaniques, la dépression d'Oas jouit d'un climat tempéré doux, aux abondantes précipitations, donnant naissance à une végétation composée de forêts de hêtres, de chênes, et de rouvres, qui, après défrichements, ont été peu à peu remplacées par des vergers d'arbres fruitiers, par des cultures agricoles et des prairies. Toutefois, la faible qualité des terres ne permet pas de pratiquer une agriculture viable.
Pour un regard étranger, le paysage est
morne, d'une extrême banalité, trait qui le rend, dès
lors, attachant, tant est visible que le pays d'Oas introduit l'observateur
à la Roumanie profonde. De façon plus autorisée, et selon Gheorghe Focsa, géographe et ethnologue, la population d'Oas serait venue de la région voisine du Maramures, comme l'atteste une lettre datant de 1854 : " la commune de Certeze est donnée à la ville de Baia Mare en 1329 ", lettre signée par Ludovic le Grand, roi de Hongrie, en 1347. Quoi qu'il en soit de sa profondeur historique et de son image de légende, le pays d'Oas existe en raison du sentiment d'appartenance des habitants à une même région. En effet, il ne désigne pas un découpage administratif précis.
Différentes études relatent les travaux
traditionnels du pays d'Oas : la cueillette de plantes pour l'alimentation,
à usage médicinal et pour les teintures ; l'élevage
des moutons et la production d'alcool (l'eau de feu : " palinca "
ou " horinca "), le commerce (système d'échanges
traditionnels de produits dans le cadre des foires), le travail dans la
forêt en alternance avec le cycle des travaux agricoles. Si les besoins
primaires sont couverts par les activités agricoles, les besoins
en argent ne peuvent provenir que d'emplois salariés complémentaires
dans les petites entreprises environnantes: or, ces dernières ne
peuvent à elles seules absorber la main d'uvre locale. Les traditions
populaires, la religion, les manières d'habiter, si elles sont communes
aux Oseni, sont également des manières de se distinguer entre
eux. L'habitat, hormis un nombre réduit de HLM à Negresti,
est rural, étroitement lié à la propriété
terrienne. Sauf quelques rares exceptions, chaque famille a son jardin potager
autour de la maison. Le type et le style des maisons s'inscrivent dans le
patrimoine culturel régional, à l'exception des maisons en
construction, marquées par un style architectural nouveau3. De la
même manière, les Oseni ont su conserver certains rituels :
les chants, les danses, les costumes régionaux font partie des fêtes
religieuses ou familiales, dans lesquelles les plats traditionnels, telle
la polenta de maïs avec du fromage de chèvre et des lardons,
sont servis et circulent, amplement arrosés de "palinca ",
un alcool fort, renommé, fait de prune, de cerise ou de poire. Cette région constitue également un cas spécifique puisqu'elle a échappé à la collectivisation, de sorte que le maintien du droit de propriété individuel a favorisé un certain accès marginal à des marchés agricoles " libres ", à caractère formel ou informel. Ainsi, depuis la seconde guerre mondiale, peu de choses ont changé, et le pays d'Oas reste, à certains égards, une sorte de conservatoire des traditions, marqué, cependant, par un retour au religieux, avec une reprise de la confession uniate, majoritaire avant l'instauration du communiste. Cette religion coexiste, à présent, avec des cultes néo-protestants (pentecôtiste, baptiste, adventiste).
" Le pays d'Oas est là où se
trouvent les Oseni. D'abord, c'est la capitale Negresti avec le village
Satelit, peu connu, Tur, ensuite c'est Certeze puisque c'est le plus pur
village, ici nous ne sommes que des Oseni. Certeze c'est en fait une commune,
les villages Moiseni et Huta appartiennent à Certeze. Moiseni c'est
toujours un village propre. Huta est devenu "osenesc", puisqu'
à la base c'est un village avec des colonies slovaques mais qui se
sont mélangées et finalement assimilées à notre
population, seulement ils sont restés catholiques, et non pas orthodoxes
comme nous, du reste ils ont appris à s'habiller et ils ont les mêmes
coutumes que nous aujourd'hui. Bixad, c'est une autre grande commune, ils
nous ressemblent; seulement ils se sont spécialisés dans des
travaux saisonniers différents. Nous avons pris les défrichements
et les gens de Bixad les travaux d'équipement à grande tension
électrique, disons comme pour EDF, ici, en France. Parfois, ils font
aussi la peinture des bateaux à Constanta, ou dans d'autres ensembles
industriels. Les villages Trip et Trip Bai et Boinesti, là où
se trouve la plus vieille cité dace, sont liés à Bixad.
Sur la même route, nous arrivons à Camarzana, toujours des
Oseni purs. Ici les gens ont vécu du commerce avec les noix, et surtout
avec la "palinca", notre alcool. Même sous Ceausescu, ils
ont eu une dizaine de "palicaririi" , ils sont entre nous aussi
les plus agressifs; aucune fête sans qu'ils ne commencent à
se battre . De l'autre côté, on a la commune de Tarsolt avec
le village Aliceni , ensuite Calinesti-Oas avec Lechinta, Coca, Pasunea
Mare. La commune Gherta Mica est renommée à cause des enfants,
les plus nombreux. Puis Turt avec les villages Gherta Mare et Turt Bai,
là où sont les eaux balnéaires.
d'intégrer et de maîtriser les apports et les aléas
du temps présent. Plus encore, le sentiment d'appartenance au pays
d'Oas s'est consolidé après la chute du régime communiste,
bridé qu'il était par la pédagogie de la fabrication
de l'homme nouveau, en Oas comme dans d'autres régions, marquées
par le rejet du " système précédent qui, pour
exister en tant que tel, avait trop largement fait fi du besoin d'identité
propre à chaque groupe social ". Ce renouveau des " pays
" portent certains à faire du pays d'Oas, un pays à part
entière, même si ce trait est traduit sous forme de boutade:
" Il faudra bientôt un visa
pour entrer dans le pays d'Oas ". |
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